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François-Paul Raynal
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François-Paul Raynal (1902-1964)
entra comme chroniqueur à L’Auvergnat
de Paris dès 1926 puis
devint secrétaire de rédaction. Il fut
également écrivain et se partageait entre son
village de Salsignac et le faubourg Saint-Antoine à
Paris. François-Paul Raynal écrivit de nombreuses
œuvres littéraires dont la plupart sont d’un
grand intérêt pour la vie locale.
Au fil de la Sumène
Sagesse auvergnate
Chroniques de ce temps-ci
Les Artisans du Village > ouvrage couronné par
l’Académie française
Histoire de l’Auvergne, du Berry, du
Bourbonnais , du Nivernais, du Limousin, de la Marche et du
Dauphiné
Tous les Saints du Paradis
Les Auvergnats de Paris
Au jardin des adages
La Blanche hirondelle
Un Réfractaire, Jules vallès
L’Homme de San Francisco
Les jeux du Crépuscule
Fille corse, III actes
La Maison de l’espoir
Dernière escale
Au pays des grands pâturages
Monsieur Poney
La Perle rose
La Grande Orpaillerie
Marie des Solitudes
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Histoire de l'Auvergne
Publié à Paris, chez
Gründ, 1ère édition en 1942, 2 pages
De la collection "Les Provinces de
France".
Contenu : l’Auvergne
racontée par François-Paul Raynal, joliment
illustrée en N&B et en couleurs par Jacques Liozu,
agrémentée de cartes et chansons avec partition.
Les Artisans du village
Publié par Les Publications
Techniques, 1ère édition en 1943, nombreuses illustrations
et photographies N&B, 155 pages.
Contenu : les
beaux métiers des artisans du village. Avec le
bûcheron, scieurs de long, charbonnier, sabotier,
forgeron, couteliers de Thiers, maçons limousins,
tailleur de pierre, dentellières, cordonnier, meunier,
fournier, boulanger, jardinier, papetiers d'Ambert, potier.
Tous Les Saints du Paradis
Petit calendier hagiographique
Publié à Paris, chez
Gründ, en 1946, 300 pages.
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La Saint-Ferréol à Salsignac
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La fête votive dans le petit village
de Salsignac, fut longtemps, comme partout, un des jours de
repos des plus attendus des paysans, l’un des plus grands
événements de l’année.
François-Paul Raynal décrit
avec minutie la fête de son village dans son roman
«Au fil de la Sumène».
«Que
d’énergies, que de peines étaient
dépensées dans la confection des traditionnelles
pâtisseries, mais dans quelle récompense offrait
le spectacle des tartes dorées bien alignées sur
des planches de sapin propres, toutes neuves. Il y en avait des
douzaines et des douzaines : aux prunes, aux pommes, aux
poires, il y avait des tartes à la tome, des
“flougnardes”, que sais-je encore ! Le matin de la
fête, tout Salsignac était tôt levé
pour ne pas manquer la messe. Dans chaque maison,
c’était un remue-ménage extraordinaire. Les
hommes se faisaient la barbe soigneusement ; les femmes
procédaient à la toilette des filles et des gars.
Les croix d’or, les chaînes de montres, les
Saint-Esprit ornés de pierres baroques sortaient des
armoires de merisier pour parer le cou d’une
fraîche jeune fille ou le gilet de quelque fermier
ventripotent.
La petite chapelle avait été
décorée de fleurs de vases dorés, de ruban
de soie. On avait rempli le vieux bénitier de pierre qui
depuis un an avait si soif, et allumé de grands cierges
de cire jaune sur l’autel paré de linges fins.
L’office nous semblait interminable à nous les
enfants qui, peut-être, ne mettions pas à prier
notre vieux saint avec toute la ferveur désirable.
C’est que nous pensions malgré nous aux tartes et
puis aux pétards que vendait la Virginie, et aux pipes
en sucre que nous trouvions pour un sou ou deux chez la vieille
Chastelle.
A la sortie de la messe, une procession se
rendait jusqu’au vieux calvaire de pierre dressé
en face de la maison de mes parents. Souvent, c'était
Mémin mon camarade de jeux qui, malgré son
excessive timidité, portait la croix. Il faut dire pour
l’amour de la vérité, que sa mère
l’aurait sérieusement corrigé s’il
avait décliné cet honneur car la digne femme
tenait l’auberge et avait pendant l’année la
garde de la clé de la chapelle, marque de confiance dont
elle était fière. Pour cette procession, on
sortait les naïves statues de bois, enluminées
d’or, d’azur et de pourpre, de Saint Ferréol
et de Notre-Dame du Bon secours. Des hommes solides les
portaient sur leurs épaules avec respect et
précaution.
L’heure du déjeuner groupait
autour des tables, les familles et leurs invités dont
quelques uns étaient venus de très loin, du
Limousin ou de la montagne. Le festin était plantureux
comme un repas de noces. Le plat principal était la
jambe de cochon, mais le “pountare de la pel” fait
dans un estomac de porc et agrémenté de pruneaux,
était l’objet de toutes les convoitises et faisait
les délices des convives. Le vin coulait à flots,
et quand on apportait les tartes savoureuses et les croquants
de Mauriac durs comme de la pierre, c’était le
moment des chansons. On aurait bien chanté tout le jour
et même la nuit, mais les jeux attiraient le public, et
les danses aussi.
Il y avait devant l’auberge, le
massacre des “toupines” où il fallait
frapper les yeux bandés, des pots suspendus à des
fils de fer. Un coup de bâton bien placé, la
toupine se brisait, laissant tomber une pièce de
monnaie. Mais on pouvait aussi recevoir sur la tête de
l’eau ou des cendres… Et aussi le jeu de la
poêle, celui du baquet, la course à la chandelle
ou en sacs. Puis c’était la course cycliste
pompeusement appelé “internationale” qui en
fait ne groupait qu’une demi-douzaine de gars du canton.
Et la course aux ânes où les ânes seuls
couraient et non les cavaliers car les montures
n’allaient qu’au gré de leur fantaisie ou de
leur entêtement, dans un pré, dans une grange
restée ouverte ou dans quelque chemin. Peu se
résignaient à suivre la route et le vainqueur
n’arrivait qu’au petit trot salué par de
folles exclamations et de francs rires.
Dans l’auberge, au son du violon, la
rude bourrée d’Auvergne entraînait jeunes et
vieux de son rythme obsédant. Les gars solides venus de
quelques burons lointains martelaient le plancher de leurs
souliers ferrés tandis que les filles
légères et insaisissables se donnaient toutes
entières au plaisir de la danse. Dans leurs yeux, on ne
voyait nulle fatigue. Le soir, au bord de la Sumène, on
tirait le feu d’artifice et les fusées
multicolores montaient bien plus haut que le faîte des
grands peupliers, éclataient discrètement et se
dissociaient en mille étoiles qui semblaient tomber du
ciel. Les danseurs s’étaient arrêté
un moment pour ne pas manquer ce spectacle mais lorsque tout
s'éteignait, ils retournaient bien vite à
l’auberge où le musicien les attendait pour les
faire danser jusqu’au jour. Les vieux les regardaient en
souriant au souvenir de leur jeunesse et des
Saint-Ferréol passées.»
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Eglise de Salsignac
abside romane
(photographie S.B.)
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Marie des Solitudes
Réédité chez De
Borée, en 1999, 252 pages.
Résumé : les occupants de La Borie attendent le retour de
François, le fils de la maison, parti chercher fortune
loin du pays. Mais son arrivée va soulever bien des
passions...
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Croix de Salsignac
(photographie S.B.)
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Notes & références
bibliographiques
(1) François-Paul Raynal, Au fil de la Sumène, 19??, pages ?? à ??.
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